Cet aéroport, s’il voyait le jour, conduirait à l’expulsion de centaines d’habitants, à la destruction de plusieurs fermes et au bétonnage de plus de 1 600 ha de terres agricoles. De plus, dans un contexte de restrictions budgétaires, il supposerait le transfert direct de centaines de millions d’euros des caisses de l’État vers celles de Vinci, l’entreprise concessionnaire de l’aéroport. La région compte déjà avec un aéroport international à 30 km plus au Sud, de la même superficie que celui de Genève : la construction d’un nouvel aéroport ne servirait que les avantages de Vinci, au détriment de l’intérêt général.

La population européenne fait face à une crise économique et sociale sans précédent. Dans ce contexte, l’accès à la terre n’est nullement un luxe, mais bien, pour un nombre croissant de personnes, une nécessité pour répondre aux besoins vitaux que sont la nourriture et le logement. Au lieu de mettre en place des politiques de redistribution des terres, les pouvoirs publics accélèrent la privatisation de ces dernières et favorisent la prise de contrôle d’entreprises multinationales sur ces ressources vitales. Face aux résistances des populations rurales, des contingents de forces de police démesurés envahissent nos campagnes pour en chasser leurs habitants et faire place nette, au nom d’intérêts privés.

Les conflits pour la terre en Europe sont de plus en plus semblables à ceux que connaissent, depuis des décennies, l’Amérique Latine ou l’Asie : des populations sans ressources se tournent vers la terre pour y trouver de quoi survivre et sont confrontées à une répression violente ainsi qu’à une criminalisation de leurs luttes.

Nous, organisations paysannes de l’ensemble de l’Europe, exigeons : – l’interruption des expulsions à Notre Dame des Landes et dans les autres pays où des expulsions sont en cours (Espagne, Italie, Roumanie, etc.), – l’arrêt de la marchandisation de la terre fortement liée à des modes de production intensifs ou à des projets allant à l’encontre des intérêts collectifs, – la fin de la répression et de la criminalisation des luttes pour la terre et la protection totale des droits des paysans, – la reconnaissance, par les pouvoirs publics, que ces luttes sont le reflet d’une crise de l’accès à la nourriture et au logement dans l’ensemble de l’Europe, – la mise en place d’un dialogue réel sur la redistribution des terres et la réforme agraire en Europe, ainsi que l’application des Directives de la FAO pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, – la reconnaissance de l’accès à la terre pour des projets d’agriculture paysanne comme une priorité totale, – la reconnaissance de la terre comme un « bien commun » disposant d’une valeur sociale.

Contact : Jeanne Verlinden : 0032(0)497605884

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