Cet organisme sert en effet les intérêts de multinationales (Monsanto, Syngenta, DuPont, Bayer, BASF…) qui font tout ce qu’elles peuvent pour étendre leur contrôle sur l’ensemble des plantes cultivées, et ce au détriment de la biodiversité, de la santé publique (les semences vendues par ces firmes sont gourmandes en herbicides et pesticides, également commercialisés par ces dernières), et de la survie économique des paysans. L’ESA multiplie actuellement les manœuvres pour influencer l’actuelle révision par l’Union Européenne des législations européennes sur le commerce des semences et la santé des plantes, et a exercé de fortes pressions sur la Cour de Justice de l’Union Européenne en juillet dernier lors de l’affaire Kokopelli (voir citations page suivante).

Les droits des agriculteurs de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre leurs propres semences, conditions de la souveraineté alimentaire et du maintien de la biodiversité cultivée, sont des pratiques aussi anciennes que l’agriculture elle-même. Certains semenciers jouent aussi un rôle important de sélection et de production des semences, mais il n’est pas acceptable de laisser quelques industriels en recherche de monopole détruire cet héritage, condition de notre survie biologique, à leur seul profit.

Le rassemblement, organisé par le Réseau de Soutien à l’Agriculture Paysanne belge, suit un appel [1] du mouvement citoyen européen « Seed Sovereignty » à organiser des actions contre les multinationales semencières ainsi que celui du Mouvement Nyeleni Europe pour la Souveraineté Alimentaire à transformer la « Journée Mondiale de l’Alimentation » en « Journée Mondiale de la Souveraineté Alimentaire » [2]. Il sera suivi, à 18h30, d’un diner puis d’une conférence-débat au 123 (Rue Royale, 123 – 1000 Bruxelles – http://www.123rueroyale.be/), ponctuée de projections de courts métrages et d’un concert de la chanteuse francophone « Chômeuse Go On ». L’on y discutera des multiples initiatives actuelles de reconquête d’une agriculture à dimension humaine, qui donne une place centrale aux paysans contre les multinationales et travaille avec la nature plutôt que contre cette dernière : loin des fantasmes rapaces de certains, l’avenir est à la réinvention !

CONTACTS PRESSE Laurence Van Belle, Le Début des Haricots, (FR) +32477343139

Coralie Vos, Oxfam Solidarité, (FR,NL), +32485217014

Martin Pigeon, Corporate Europe Observatory (FR, EN) +32484671909

Pierre Sultana, Arche Noah (FR, EN) +32493118972

Guy Kastler, European Coordination Via Campesina (FR) : +33603945721

ECVC : +3222173112 (EN, FR, ES, DE, IT, NL)

«  L’industrie produit les semences qui lui rapportent le plus, pas celles qui sont le plus adaptées aux besoins des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement » explique Laurence Van Belle de l’association Le Début des Haricots, une asbl bruxelloise de défense de l’environnement et de promotion de l’agriculture urbaine. « Pour nous il est essentiel de pouvoir continuer à produire et ressemer nos propres semences ainsi que les variétés locales, qui sont plus résistantes et par définition mieux adaptées à nos conditions de culture. » « Il faut s’opposer à l’appropriation des semences par l’industrie semencière » affirme Martin Pigeon de Corporate Europe Observatory, une association européenne qui étudie le lobbying des multinationales. « Aujourd’hui, l’industrie semencière a pu mettre la main sur le marché des semences jusqu’à une situation de quasi-monopole, les 10 plus grosses compagnies représentant 74% des parts du marché mondial. Ce qui est en jeu, avec le brevetage progressif du génome des plantes, n’est rien de moins que la privatisation du vivant et la possibilité même de pratiquer une agriculture conciliable avec notre environnement naturel. Ces entreprises, qui ne poursuivent que leur intérêt privé (et c’est normal pour une entreprise), sont devenues tellement puissantes qu’elles déterminent largement des législations fondamentales pour toute la société. Ce n’est pas acceptable. »

« Nous sommes une association sans but lucratif ayant pour vocation de conserver et de protéger les semences de variétés anciennes. Or, la législation et la décision de la Cour de Justice nous mettent en concurrence avec l’industrie semencière » dit Isabelle Chapelle, de Kokopelli Belgique. « Il est dommage que nous ayons été condamnés sous prétexte que nos semences pourraient potentiellement ne pas être suffisamment productives juste parce que nous n’avons pas effectué de tests officiels très chers, conçus pour des semences industrielles hybrides, et sans qu’il ait été tenu compte de l’intérêt de nos variétés pour la diversité de l’alimentation et la diversité génétique ».

« L’arrêt de la Cour de Justice Européenne a au moins le mérite de démontrer que la législation actuelle ne s’intéresse qu’à la productivité des plantes au détriment de la biodiversité agricole ainsi que d’autres qualités telles que la valeur nutritive, le goût, la rusticité et les facultés d’adaptation » avance Pierre Sultana d’Arche Noah, une Association européenne de protection des semences. « Pour cette raison, il est nécessaire que les politiques de l’UE profitent de la révision de cette législation pour mettre en place un système qui tienne compte d’intérêts qui vont au-delà des enjeux de productivité, en excluant par exemple les acteurs de la biodiversité du champ de la législation. » Ajoute-t-il avant de conclure « Il faut également que l’Office Européen en charge d’accorder les brevets respecte enfin son mandat, qui lui interdit de breveter les variétés végétales, et procédés « essentiellement biologiques » ».

« Ce sont le droit et les pratiques millénaires des paysans consistant à échanger et vendre leurs propres semences – ce qui leur a toujours permis de nourrir l’humanité – que cette proposition de loi informelle tente aujourd’hui de détruire. Cela va rendre impossible l’adaptation au changement climatique, ainsi que la nécessaire baisse d’utilisation des intrants chimiques, tout en soumettant les pratiques des paysans au bon vouloir des multinationales semencières. Mais ce n’est pas tout : pour la première fois, on assiste aussi à une attaque en règle contre l’agriculture vivrière, qui deviendra nécessairement hors-la-loi en pratique, si le projet est appliqué tel quel. Enfin, il y a un risque certain de voir le marché se faire inonder de variétés et de plantes brevetées et génétiquement manipulées. C’est très clair : sans modifications conséquentes, cette soi-disant « Meilleure Réglementation » ne le sera que pour les multinationales de la semence ! », a dit Guy Kastler, de la Coordination Européenne Via Campesina.

Soutiens : Le Début des Haricots, Kokopelli, Oxfam Solidarité, Corporate Europe Observatory, Rencontre des Continents, Arche Noah, European Coordination Via Campesina, FUGEA, MAP, Associations 21…

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